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Gourmandises

Publié le par Emma Ponthier

Gourmandises
Gourmandises

Gourmandise, quand tu nous tiens…

Tania adorait les sucreries, chocolats, bonbons, caramels et autres douceurs. Il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne s’arrête devant la pâtisserie de Monsieur Toffee, toujours bien achalandée de gâteaux au chocolat, de bonbons multicolores, de nougats et autres confiseries plus alléchantes les unes que les autres. Dès qu’elle passait devant la vitrine, ses yeux étaient immédiatement attirés par les coloris, ses narines guettaient le moindre effluve émanant de l’arrière boutique où le pâtissier confectionnait ses douceurs avec passion pour ravir nos papilles et délecter nos narines avides de tous ces arômes.

Ce jour là, par un bel après midi ensoleillé, Tania avait décidé, une fois de plus, de franchir le seuil de la boutique de Mr Toffee. Elle hésita un bon moment, se demandant si son palais allait opter pour les truffes, la tartelette aux framboises ou les sucres d’orge.

Devant l’impatience de la vendeuse, il lui fallait prendre une décision, mais voilà, tout était si appétissant….que choisir ?

N’arrivant pas à prendre une décision, elle balbutia finalement.

-« euh, une tartelette aux framboises, six sucres d’orge, cinq cent grammes de truffes ».

- « eh bien », répondit la vendeuse en masquant un sourire un peu moqueur, « quelle gourmande ! ».

Tania n’avait que faire de ses remarques, la vendeuse était là pour la servir, pas pour commenter ce qu’elle prenait ou faire des remarques désobligeantes sur ses goûts et ses envies en matière de sucreries qui allaient, sans qu’elle ne soupçonne quoi que ce soit, l’entraîner vers une aventure qu’elle n’était pas prête d’oublier.

Tania rentra chez elle tout en mangeant ses truffes. Elle ne remarqua même pas la poudre de cacao qu’elle avait négligemment étalé autour de sa bouche tant elle avait envie de les manger. Les cinq cent grammes s’évanouirent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pas une minute de répit, elle englouti sa tartelette en deux bouchées et se réserva les sucres d’orge pour plus tard.

En arrivant chez elle, se sentant un peu lourde, elle décida de s’allonger. Elle somnola un instant puis lentement, sombra dans un sommeil de plus en plus profond. Cela devait faire quelques heures qu’elle était allongée quand une douce odeur de sucré la réveilla. Elle essaya de se retourner, dans un demi-sommeil, mais elle n’éprouvait pas les sensations habituelles. Ses jambes lui semblaient plus légères, ses bras étaient mous, comme si tous ses muscles avaient disparus.

Elle entrouvrit légèrement les paupières…la chambre baignait dans l’obscurité, ses yeux balayèrent la pièce du regard d’un air nonchalant quand soudain, Tania prit conscience que ses pieds avaient disparu. A la place, il y avait deux énormes caramels. Elle, qui d’habitude se réjouissait à leur seule vue eut un tressaillement de peur. Cette fois, elle était bien réveillée. Le reste de son corps n’allait pas la rassurer. Ses jambes s’étaient transformé en deux longs bâtons de réglisse, son estomac en une immense fraise sucrée, ses bras étaient en guimauve, les mains, identiques aux pieds, mais avec des caramels de plus petite taille.

Tania pensa un instant : « Je fais une indigestion, c’est ça, j’ai une méga indigestion et tout comme on a une crise de delirium Tremens quand on boit, on doit certainement imaginer qu’on se transforme en bonbon quand on mange trop de sucreries ! »

Elle ferma les yeux, compta jusqu’à dix et les ouvrit à nouveau, espérant chasser ce qu’elle pensait être une hallucination due à une overdose de sucre. La même vision s’offrit à ses yeux. Elle n’était plus qu’un immense bonbon, une représentation de toutes les sucreries qu’elle avait avalées. Elle resta ainsi allongée pendant des heures, se demandant si cet état allait être permanent, si elle pouvait se lever, si elle n’allait pas fondre à la chaleur, toute une foule de questions se bousculaient dans sa tête. Elle essaya de s’asseoir, en vain….les bras en guimauve étaient trop mous. Elle fixa désespérément le plafond. Il fallait appeler à l’aide, c’était la seule option envisageable pour s’en sortir. Elle voulut crier mais aucun son ne sortit de sa bouche. Un bonbon ne parle pas …elle cherchait une logique à tout ça, en vain….

Elle resta figée encore un instant, quand elle entendit un bruit. Ses sœurs venaient de rentrer de l’école, criant, courant, se chamaillant….Les filles étaient maintenant à l’étage, là où se trouvait la chambre de Tania, mais cette dernière n’avait aucun moyen de les prévenir. Elle pensa au fond d’elle même : « Pitié, je suis ici, venez ici, je suis dans ma chambre, au secours, aidez-moi !!!! ».

Les petites continuaient à s’amuser, ignorant totalement le drame que Tania vivait à cet instant. Soudain, Zoé, la plus jeune, s’arrêta net devant la porte de sa chambre et dit à Jenny : « Elle est rentrée Tania ? ». Jenny répondit : « J’en sais rien, je ne crois pas ! ».

Zoé renchérit : « Et si on jouait dans sa chambre ? ».

Une vague d’espoir l’envahit. Elle pensait « oui, oui, vite, ouvrez cette porte, venez à mon secours !!!! » La porte s’ouvrit….son calvaire touchait à sa fin…Elle sentait son cœur palpiter à travers la fraise qui lui faisait office de ventre, son pouls s’accélérait et résonnait dans toute sa tête dont elle ignorait la substance et dont elle n’allait sans doute pas tarder à connaitre l’aspect.

Les deux petites filles s’approchèrent du lit. L’excitation avait laissé place à la surprise, mais au grand étonnement de Tania, aucune frayeur n’émanait de leurs yeux, seule une lueur de curiosité semblait les illuminer.

« T’as vu, Zoé ? Tania est tellement gourmande qu’elle a acheté un bonhomme en bonbon géant. » Elles la regardaient, Tania ne pouvait rien faire sinon cligner des yeux, mais les filles focalisaient sur la guimauve et à ce moment, Zoé prononça la phrase qui allait la condamner définitivement.

« Si on en mange un bout, tu crois qu’elle s’en apercevra ?!! »

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