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2015-05-06T16:23:24+02:00

L’escargot

Publié par Emma Ponthier
La blonde...

La blonde...

Ayant décidé d’inviter mes avis pour une plancha, et n’ayant rien de spécial à faire aujourd’hui, je décide donc d’aller en ville afin de trouver de la viande pour ma soirée. Je me dirige donc tout simplement vers la boucherie habituelle, en quête du graal, c’est-à-dire, du bœuf, du veau et de la dinde. La dinde, je l’ai trouvée dès que je suis entrée dans la boucherie, en la personne d’une superbe blonde ( Nan nan nan, aucun préjugé, je suis passée par là moi aussi). Elle me regarde et me dit :

« Vous voulez de la viande ? »

Je manque de lui rétorquer « Non non, c’est pour faire du ski et réserver une chambre », mais bon, j’évite d’être ironique (tout le monde ne comprend pas l’ironie).

« Ben, de la viande pour une plancha. » Là, j’ai l’impression d’avoir prononcé un mot inconnu pour elle. Elle me regarde, l’air hagard (pas du nord).

« Euh, un instant, je vais chercher le boucher ».

5 minutes plus tard, elle me regarde.

« Il n’est pas là ? ».

Je lui rétorque « Ben, si il est là, il doit être devenu vraiment petit, je ne le vois pas… ». Je dis ça parce que le boucher habituel est grand. Mais là, rien n’est comme d’habitude. La blonde me regarde et me dit : « Il est très petit ». Ça y’est, j’ai gaffé, il est là en face de moi, enfin, je distingue une partie du Monsieur.

« Vous voulez de la viande pour une plancha ? »

« Ben oui, du veau, de la dinde et du bœuf ».

« Combien de grammes par personne ? »

« 200 »

« Je coupe comment ? »

« Ben, finement pour la cuire sur la plaque »

A ce moment je commence à me demander si je ne suis pas dans la 4ème dimension. Je me dis également, que si le bœuf va sur la plaque, il est lui, à côté de la plaque.

Il commence par couper un gros morceau de veau et le pèse. Là, ça fait 15 minutes que je suis dans la boucherie. Il vient de peser le morceau, le retire de la balance. « Ça fait un kilo deux. » Il commence à couper un morceau pendant 7 minutes. Il me regarde, l’air encore plus ahurit (purée, moi qui pensais qu’il était à son maximum)…..Je suis tentée de lui conseiller d’aller chez speedy, de prendre l’ADSL, enfin bref, une foule d’idées viennent encombrer mon esprit au moment où j’aurais dû crier victoire….

« Ça ira comme ça Madame ? »

« L’épaisseur oui, mais il faut faire des plus petits morceaux ».

« D’accord Madame, bien Madame »

Au moment où je prononce ces mots, une foule de questions me viennent à l’esprit. ¨Pourquoi lui ai-je demandé ça ? Va-t-il s’en sortir ? Fera- t-il nuit quand je sortirai de là ? Vient-il d’une autre planète dirigée par un escargot ? A-t-il été agressé par une vache pendant son enfance ? Est-ce un végétarien contrarié ? A quel moment vais-je cesser d’être polie ?

Je lui demande « C’est votre 1er jour ? »

« Non non, je suis là tous les après -midi », même pas vexé par la question.

Pendant ce temps, je fais la conversation avec la blondinette, entre temps j’envoie 250 textos, je prépare mentalement l’histoire que je suis en train de raconter…. »

5 minutes plus tard, montre en main, le boucher me montre le morceau numéro 1 qu’il a fini de couper. L’air triomphant, il me sort à nouveau « ça va comme ça, Madame ? ».

A ce moment, une bouffée d’angoisse m’envahit. Bon sang, une demi -heure pour choisir un morceau de viande, 15 minutes pour couper le premier morceau et à chaque fois me demander si ça va…nannnnnnnnnnnnnnnnnnnn, il ne va pas me demander à chaque fois si ça va, je vais faire un craquage nerveux rapidement…et là, contre toute attente, la blonde me propose d’aller faire un tour en ville, le temps qu’il finisse, car, je cite " ça risque d’être long"…( sans blague, je ne m’étais pas aperçu …).Je m’enfuie à toutes jambes, je me rue sur le premier magasin venu, je traîne, je dépense, je passe 3 coups de fil, je fais 10 fois le tour de la ville espérant que l’autre ne se sera pas viandé, je regarde ma montre et décide de retourner à la boucherie. La blonde me regarde et me dit « Il a fini le veau ». Moi désespérée, le regardant recommencer le même cirque pour la dinde et déclinant toute attente supplémentaire pour le bœuf, je déclare forfait au milieu de la coupe. « Pitié, donnez-moi ce qui est coupé, ça suffira ».

D’accord, je l’admets, la patience n’est pas une de mes vertus principales, mais là, ce n’est plus de la patience dont j’avais besoin mais d’une force incommensurable pour éviter de commettre un meurtre. Avec tous ces couteaux bien tranchants, la tentation était forte, très forte. Plus il était poli et gentil, plus l’envie de l’étrangler m’envahissait. Plus jamais je n’irai à la boucherie l’après- midi. Alors demain, j’irai en quête de bœuf, pour l’instant je me légume……

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