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Le fantôme de la Provençale

Publié le par Emma Ponthier

Le fantôme de la Provençale
Le fantôme de la Provençale

Tout commença par un matin où l’envie pressante de satisfaire à ma maniaquerie quotidienne m’avait pressée vers mon balai qui avait élu domicile derrière la porte de la cuisine. Je me rendis donc en quête du graal, vers le repousseur de poussière et miettes diverses afin de lui faire faire sa gymnastique quotidienne : assouplissements entre les chaises, grand écart sous la table, petits sauts dans les angles et pas chassés vers les fenêtres… Hors, ce matin là, impossible de mettre la main dessus. Avait-il fait une fugue, s’était-il réfugié dans les méandres des caves du bâtiment B ou avait-il élu domicile dans le garage d’où une subtile odeur de moisissure et de poussières ancestrales l’y avait peut-être guidé ? J’avais d’abord fait toutes les pièces de l’appartement, puis je m’étais rendu dans le garage, puis dans la cave…Rien. Comment un balai peut-il disparaître ? Une sorcière aurait-elle pris le mien par mégarde ? Je ne voyais plus que cette solution. Ça n’était pourtant pas Halloween….Etrange…

Quelques mois plus tard, je sortais de la douche et je décidai d’utiliser le sèche-cheveux pour canaliser les mèches rebelles me faisant office de cheveux quand je m’aperçus qu’il manquait l’embout. N’ayant pas envie d’abîmer davantage une chevelure peu épargnée par les colorations et autres tortures, je ne pouvais pas espérer me faire un brushing digne de ce nom avec un appareil sans embout. Je le cherchai pendant des semaines, en vain, il s’était tout bonnement volatilisé, comme le balai…Très étrange…

Comme à chaque année nouvelle, je me retrouvais avec le traditionnel choix de calendriers : celui du facteur, avec lequel j’hésitais entre les chatons jouant dans les pelotes de laines et les chevaux galopant dans les rivières de Camargue, celui des pompiers où on n’hésite pas car ils sont tous identiques, celui des Dieux du Stade, où on regarde tout sauf les jours, celui des commerçants qui l’offrent gracieusement et à qui on ne peut dire que merci, même si on sait pertinemment qu’il finira ses jours au mieux au fond d’un tiroir, au pire, au fond d’une poubelle, et enfin, celui d’une amie qui vous en ramène un super beau des Etats-Unis. Et là, toute contente, on se dit : enfin en voilà un qui me plait. On s’empresse de le remplir de rendez-vous, d’anniversaires à souhaiter, bref, on le regarde tous les jours, on se surprend même à cocher les jours, tel un prisonnier qui attendrait avec impatience le jour de sa sortie.

Ce calendrier était posé sur mon bureau et ne quittait jamais cet endroit douillet, fréquenté par un ordinateur et quelques crayons. Un jour où je voulais me rappeler de l’horaire d’un rendez-vous, je décidai de chercher mon calendrier. Il n’était plus sur le bureau. Peut-être l’avais-je poussé par mégarde. Je regardai derrière, dans les tiroirs, je retournai tous les classeurs, cahiers et livres. Rien. Dans quelques jours c’est le nouvel an. Ça fait quatre mois qu’il a disparu. Très bizarre…

A ce moment, je pensai à lui avec nostalgie, ainsi qu’à mon balai et à mon embout de séchoir….

J’avais l’habitude de ranger ma lingerie et mes chaussettes dans un chiffonnier. Un tiroir pour les chaussettes, un pour les bas, un pour les culottes, un pour les soutiens-gorges : Chaque chose à sa place.

Ce matin là, j’avais opté pour un pull noir et il me fallait donc un soutien-gorge de la même couleur. Impossible de le trouver. Je fouillai le panier de linge sale et là, rien. Je regardai dans le placard, au cas où je l’aurais mis là par inadvertance, toujours rien….Je regardai sous le lit, il avait pu tomber, rien….Au bout de quelques semaines, j’avais décidé de racheter le même, ne sachant plus à quel saint me vouer. Bizarre quand même. S’agissait-il d’un fantôme obsédé par la lingerie ? Ou alors, la sorcière qui m’avait volé mon balai et mon embout de sèche cheveux pour avoir les cheveux moins secs commençait à refaire sa garde robe à mes frais. Elle avait peut-être piqué le calendrier pour venir en mon absence ! Je ressassais sans cesse les mêmes questions. La Provençale était elle hantée ? Fallait-il s’attendre à ce que d’autres objets se volatili…………………………………

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