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2016-01-28T16:09:27+01:00

Toubib or not toubib, that is the question...

Publié par Emma Ponthier

Depuis ma plus tendre enfance, et dieu sait qu'elle remonte à loin, j'ai fréquenté divers milieux hospitaliers et consulté pas mal de médecins, ayant une santé assez médiocre et un petit corps souvent enclin à me donner du fil à retordre. J'ai commencé par le rachitisme, une scoliose, des allergies au lactose et à 7 ans et demi, j'ai eu un volvulus du sigmoïde brillamment diagnostiqué par le docteur de l'époque dont je tairai le nom dans un soucis d'anonymat.

(Définition:

Volvulus est un terme latin qui désigne le retournement d'un tube sur lui-même, formant ainsi une boucle qui s'étrangle à la base. Le volvulus du sigmoïde est donc une torsion de la partie terminale du côlon, responsable d'une obstruction de l'intérieur du conduit digestif. Il peut également être responsable d'une compression de certains vaisseaux sanguins, ce qui peut entrainer une nécrose, c'est-à-dire la mort des cellules qui ne sont plus alimentées en oxygène, si le volvulus n'est pas rapidement pris en charge. Ainsi, la progression des matières n'est plus possible et il en résulte un arrêt du transit. )

Aussi loin que cet événement puisse remonter, il reste à jamais gravé dans ma mémoire du début à la fin. Des premiers mots du médecin, je cite " Vous avez huit minutes pour l'amener à l'hôpital ou elle y reste!" à l'attente interminable de l'anesthésiste qui habite à une heure de l'endroit où je dois me faire opérer à la base, puis charcutée par la suite, un métier en cachant un autre ( oui ça fonctionne comme les trains). Arrivée à l'hôpital, après avoir connu un premier toucher rectal, qui, s'il m'a sauvé la vie, m'a tout autant laissé un gout amer vu mon jeune age... et après m'avoir entièrement déshabillée et allongée sur la table post opératoire ( après le toucher, l'exhibition publique...), du haut de mes sept ans et demi, je me sentais comme une bête de foire pendant que des médecins s'affairaient devant les radios comme si j'étais le cas de l'année. J'entendis un d'entre eux murmurer " Un cas tous les dix ans en France, tu as vu ça ....quel travail..."

Pendant que tout ce petit monde commentait mon intestin complétement entortillé, j'étais tordue de douleur, nue comme un ver, n'attendant qu'une chose, qu'on mette fin à ma souffrance. Enfin l'anesthésiste tant attendu arriva ( on était loin des 8 minutes ) et j 'accueilli le masque pour m'endormir comme la délivrance que je n'avais que trop attendue.

Les années qui s'en suivirent furent une perpétuelle prise de médicaments suite à une mauvaise cicatrisation et des adhérences constantes de mon intestin. Bref, j'avais appris à vivre avec des fruits sans peaux, pas de ceci, pas de cela....jusqu'au moment où j'ai changé de région.

La côte d'Azur, son soleil, ses orangers , son ciel bleu...tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La cuisine méditerranéenne, la bonne huile d'olive, tous les éléments nécessaires à une nutrition bénéfique pour la santé. Mon intestin qui ne m'avait point cherché querelle depuis quelques temps décida qu'il était temps de faire un petit rappel à l'ordre. J'éliminai donc toute source d'irritation externe afin que la douleur épargne mon colon. C'était sans compter sur différentes allergies alimentaires qui n'allaient pas tarder à conquérir mon grand corps malade ( et le faire déchanter, du coup).

Plus de pain, de levures, de produits laitiers, d'agrumes qui irritent, etc....bref quand tu as l'intestin collé, tu peux manger....euh du riz à l'eau, euh du riz aux carottes, euh du riz pilaf....le champs des possibilités se restreint vite. A la fin, tu ne ries plus du tout.

De temps en temps, quand ta famille en a marre de vivre en Chine, tu élargis ton régime et tu manges comme un humain normal. Mais là, c'est la catastrophe. Tout retombe en quinze minutes, presque intact. Quand tu passes à peu près dix fois sur tes toilettes pendant une journée tu te dis, bon, je vais voir un spécialiste. Et là, le cauchemar commence. Pour moi, il a commencé en 2005. En quête du Saint Graal, à savoir un gastro-entérologue digne de ce nom, je demandai conseil autour de moi.

Miss Volvulus, ainsi me suis-je renommée, commenca par le Dr X. Coloscopie, endoscopie, biopsie, biduloscopie bref....ras. Conclusion : transit rapide. Youpi quel scoop.

Je suis un traitement. La situation empire. On me dit " Il ne faut jamais prendre tel médicament quand on a eu un volvulus". "Euh...c'est vous qui me l'avez prescrit."

S'en suivent d'autres examens plus répugnants les uns que les autres dont je vous épargnerai les détails scatos peu ragoutants. Je ne m'y arrêterai pas car la matière fait cale...

On me fait avaler une solution baryté pour tester l'intestin grêle, une espèce de pâte blanche opaque infâme que je n'aurais pas fait boire à mon pire ennemi, même sous la pire des tortures et on me dit d'attendre une heure trente que ça descende. 15 minutes plus tard, le produit est déjà descendu. Conclusion : transit rapide. Re youpi

Les années défilent, je teste d'autres spécialistes, les plus grands pontes, le grand Stroumpf de la gastro, le professeur Y. Il voit que je suis originaire de Belfort, flatté que je vienne le voir de si loin, ce à quoi je lui réplique " J'ai un problème de transit"...Il semble amusé, et s'en suivent tout naturellement toute une batterie d'examens, recherche de la maladie Coeliaque, de Chrohn, etc...

(Petites définitions :

La Maladie Cœliaque (MC) est une intolérance permanente à une ou plusieurs fractions protéiques du gluten. Elle provoque une atrophie villositaire (destruction des villosités de l’intestin grêle). Il s’ensuit une malabsorption des nutriments, en particulier du fer, du calcium et de l’acide folique.

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique du système digestif, qui évolue par poussées (ou crises) et phases de rémission. Elle se caractérise principalement par des crises de douleurs abdominales et de diarrhée, qui peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois. Fatigue, perte de poids et même dénutrition peuvent survenir si aucun traitement n’est entrepris. Dans certains cas, des symptômes non digestifs, qui touchent la peau, les articulations ou les yeux peuvent être associés à la maladie.)

Prises de sang, prises de tête, prélèvements,radios, coloscopies....

Conclusion : Syndrome de l'intestin irritable. Transit rapide. re re youpi

Traitement inefficace. 2014,2015, la situation empire et je contre-attaque ( Notez que l'humour reste intact ).

3 médecins arrivent à la même conclusion mais pendant ce temps, je maigris à vue d'oeil et mon compte en banque aussi. Le spécialiste le moins cher te demande 70 euros et si tu rajoutes des prises de sang à 75 euros chacune non remboursées, plus des boites de médicaments à 50 euros ou 145 euros, il faut avoir les moyens d'être malade ou payer une mutuelle qui te coutera 200 euros par mois. A méditer...

Donc après avoir constaté l'incompétence de certains médecins aux tarifs non justifiés, il va s'en dire qu'on attend un minimum de suivi et surtout d'écoute quand on est malade. Il existe des kits pour monter un meuble seul mais essayez de vous opérer tout seul , ça me semble bien difficile.

Je tente, dans un élan d'espoir me caractérisant en cette nouvelle année de donner sa chance à un nouvel élu. Le Dr Z. Ce dernier me reçoit dans son cabinet privé et me découvre une calcification au foie. Je raconte mon histoire de A à Z ( c'est le cas de le dire ) et ce dernier me prescrit un nouveau médicament. Il faut avaler sans eau des granules qui sont dures comme des graviers. Franchement, les galets de Nice sont plus appétissants. Revenez me voir dans 15 jours. 15 jours après , plus de douleurs abdominales abominables mais tous les aliments retombent intacts, en 15 minutes...Je retourne le voir, amaigrie de deux kilos, tenant à peine sur mes jambes. Il regarde à peine les résultats d'analyse et me dit, alors que je suis à la limite de l'évanouissement tant je suis épuisée, " Je note un net progrès, continuez le traitement." "Docteur, je vous avais signalé que j'ai des brulures au niveau de l'oesophage et là, elles empirent." "Oui, je ne vous ai rien donné pour ça. " Moi, dans ma tête, euh et là, je peux avoir quelque chose?" Apparemment, je lui fais perdre son temps. Conclusion : je lui donne 70 euros pour continuer un traitement qui ne soigne pas la cause du problème.

Pendant ce temps, les joies de la cinquantaine arrivant avec son lot de désagréments, je fais une hémorragie dans la nuit. Impossible de sortir de chez moi. J'obtiens un rendez-vous en urgence (deux jours après, histoire de claquer en toute quiétude ). Après avoir patienté une heure 15 dans la salle d'attente, le docteur W me reçoit. " Quel est votre problème? " "J'ai fait une hémorragie et une réaction allergique au médicament que vous m'avez prescrit pour la stopper". Réponse du médecin : " Ben arrêtez le et prenez du WWW". " C'est une allergie au WWW justement " ( En gros, il ne sait même pas ce qu'il m'a prescrit ).

"Vous avez toujours l'hémorragie?". "Plus maintenant, mais j'ai des nausées, des vertiges et je ne tiens pas debout"

Réponse " Qu'est-ce-que vous voulez que je fasse?"

Dans ma tête ( A la base ducon, tu es sensé me soigner, je me sens mal à cause de ton putain de médicament, écoute moi et conseille moi du fer, des oligos éléments, un autre médicament, je ne sais pas quoi mais intéresse toi à mon cas cinq minutes, ou au moins, montre un semblant de compassion).

Et là, contre toute attente, " Vous voulez que je vous hospitalise? Et pour quelle raison? ". Là, je suis dans la quatrième dimension. Il me dit , "allez voir le docteur XXX, je l'appelle pour vous? "

Moi, toujours dans ma tête " Pourquoi il m'envoie chez un confrère? "

"Il est généraliste?"

"Oui, mais c'est le chef des chefs, il sait tout faire!Voyez avec lui!"

Je m'imagine déjà avec le patissier zingueur de la polyclinique, prêt à me sauver car "c'est lui le grand chef!!!!" ( Pouic Pouic Louis de Funès).

Je ressors abasourdie, dégoûtée de la médecine traditionnelle vers laquelle je me détourne de plus en plus. Dès que le médecin découvre un nouveau patient, tout n'est que ronds de jambes et promesses de guérison . Malheureusement, seul votre porte monnaie se retrouve soulagé. On se croirait retourné à l'époque de Molière ou l'on proposait une saignée pour tout guérir même lorsque le patient avait une hémorragie. Si Jean Baptiste était encore là, il aurait pu tourner en dérision tous ces grands pontes dont le pédantisme n'a rien à envier à l'incompétence qui les caractérise.

PS : La meilleure des thérapies reste l'écriture, et ces quelques lignes m'apportent grand réconfort.

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