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2017-05-19T17:04:08+02:00

Oraux, millésime 2017

Publié par Emma Ponthier
Oraux, millésime 2017

Chaque année défile avec son lot de candidats tous plus stressés les uns que les autres, et même si je croyais avoir tout vu, certains réussissent encore à me surprendre. Tout d’abord, la salle qui m’avait déjà été attribuée lors des oraux blancs est une véritable glacière alors qu’il fait 30 degrés à l’extérieur. Je suis équipée de chaussettes de skis, deux polaires, une bouteille thermos de survie et trois chaufferettes pour survivre à ce froid sibérien. Toutes les dix minutes, la porte s’ouvre, avec un grincement épouvantable, pour laisser apparaître un nouveau candidat. (Je signale pour la dixième fois aux agents qu’il suffit de mettre de l’huile…..). On entend le bruit jusqu’à l’autre bout du couloir. La salle est entièrement vitrée, donc laisse passer non seulement les sons de l’extérieur mais donne lieu à un spectacle permanent, de joyeux lurons hurlant à tue-tête avec leurs fiches de révisions. En même temps qu’on interroge, on essaye de garder son self-control pour ne pas sortir en frapper un. Arrivant parfois à croiser le regard d’un curieux, je lui lance, en même temps que j’écoute la prestation d’un autre élève, un regard de haine comme moi seule en détient le secret,  accompagné d’un geste lui intimant de la mettre en veilleuse. L’élève s’exécute mais dès que la sonnerie retentit, tout est à refaire, le défilé et le bruit reprennent sans relâche. Le bruit s’en va crescendo, ma patience s’amenuise peu à peu….

Cessons de nous focaliser sur ces problèmes bassement matérialistes et concentrons-nous sur le millésime 2017. Je déclare la palme d’or au pustuleux éclateur, rebaptisé par mes soins. Je m’explique : ce spécimen te récite son cours et pendant qu’il cherche ses mots, s’éclate discrètement les pustules et autres bourgeons printaniers florissant sur son visage avec un acharnement sans limite. Les doigts parcourent frénétiquement son visage, puis son cou, non épargné par une acné envahissante. Il serre la peau, meurtrie par la pression, et laisse éclater des geysers de pus, sans relâche, tout en continuant à martyriser son épiderme, déjà fragilisé par les souffrances qu’il lui inflige. Je le regarde, les oreilles ravies de ce que j’entends, les yeux en revanche révulsés par le dégoût que ce processus m’inspire.

 

Vient en deuxième position le glandeur fier de son oisiveté. Il n’a rien fait de l’année, et non seulement il est content de s’être épargné la moindre once d’effort, mais en plus, il pense que tu vas être ravie de sa prestation. N’ayant jamais appris un mot de la langue de Shakespeare, il prend les mots en français et les massacre à sa sauce. On ne sait jamais, sur un malentendu, l’examinateur pourrait y trouver un sens, le tout, avec un sourire grimaçant, non dissimulé. Quand tu lui fais avouer qu’il n’a rien fichu de l’année, il arbore un sourire sans retenue, comme s’il tirait une quelconque satisfaction de cette paresse. De toute façon, les grilles d’évaluation sont faites de telle façon, qu’il pourra toujours prétendre à quelque points, si infimes soient-ils.

Le troisième candidat, censé être convoqué à 8 heures, arrive à 9h et se met à discuter devant la salle, d’une voix tonitruante. Je sors plusieurs fois pour lui intimer de se taire, mais ce dernier, non seulement continue à parler, mais ne remarque pas qu’il est sensé entrer choisir un sujet pendant qu’un autre candidat est sur le point de se faire interroger. Je finis d’interroger les élèves, commence à ranger mes affaires, et là, l’énergumène qui m’a cassé les pieds pendant une heure devant la salle se pointe à 10h10 au lieu de 8h et me sort « Je suis arrivé une heure en retard mais j’attendais que tout le monde parte pour ne pas déranger ». Mais non, imbécile, tu ne me déranges pas…. « Je poireaute 20 minutes à 8h30, ensuite tu fais du bruit devant la porte, et puis, cerise sur le gâteau, au lieu de préparer pendant qu’un élève passe, tu arrives quand j’ai tout rangé pour que je puisse perdre à nouveau 20 minutes. » Mon sourire a totalement disparu et peu à peu laissé place à une colère non dissimulée. Tout ça pour me montrer qu’il n’a pas travaillé, étudié aucun document, et sa prestation est une bien piètre illustration  sans intérêt aucun. Il me baragouine tant bien que mal, quelques phrases que je me fais violence à comprendre pour ensuite me présenter une banale excuse que je ne me sens même plus la force d’accepter…

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